[Comité pour la Mémoire de l'Esclavage]

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Programme des vendredi 06 & Samedi 07 mai 2011

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Après l'Abolition... Une nouvelle forme d'Escalavage

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24 décembre 1854 : il y a 155 ans, jour pour jour, le premier convoi d'immigrants venus de l'Inde accostait à Pointe-à-Pitre, à bord de l'Aurélie.

Le statut juridique des Indiens est flou. Le décret de 1852 prolonge à leur égard l'ancienne « organisation du travail » de triste mémoire, à laquelle ils doivent se soumettre. Attachés à leur habitation, ils demeurent sous la dépendance absolue de leur engagiste. Leur condition matérielle est misérable, mais leur force de travail est grande. Beaucoup de propriétaires s'affranchissent de leur obligation de nourrir leurs travailleurs en leur concédant une portion de terre et un jour par semaine pour la cultiver, et leur refuse le riz prévu dans le contrat. Au niveau sanitaire, anémies, bronchites, paludisme font des ravages.

20 DECEMBRE

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Océan Indien "20 DESAMB" : C'est cette date qui commémore à l'Île de la Réunion avec la "fêt caf", l'Abolition de l'Esclavage. Date qui fait écho également et sûrement pour les Malgaches et les Mahorais de Midi-Pyrénées.

Antilles "20 DESANM 1959" : Alors que la Martinique s'apprêtait à fêter Noël. Il y a 50 ans, le 20 décembre 1959, Fort-de-France était le théâtre d'une révolte populaire née d'un banal accident de la circulation. Trois jeunes manifestants sont tués. Ces évènements font partis de notre histoire ultramarine commune. Le 20 décembre 2009, sera l'occasion de faire mémoire autour de ses évènements (plus d'info prochainement).

Exposition : Bordeaux regarde son passé de port négrier

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À Bordeaux, l’exposition Regards sur les Antilles éclaire le passé négrier des Girondins. Élément essentiel du commerce colonial, la traite a fait la fortune de nombreux Aquitains.À peine cent cinquante ans se sont écoulés depuis le départ du dernier navire négrier bordelais. Une exposition du musée d’Aquitaine est l’occasion de porter un nouveau regard sur les rapports entre Bordeaux et les Antilles. Après Le Havre (1985), Nantes (1992-1994) et Liverpool (1994), Bordeaux accepte enfin de se tourner vers son passé avec lucidité et responsabilité. Premier port colonial français, la capitale girondine participe également à la déportation de plus de 150 000 Africains. L’exposition Regards sur les Antilles, constituée en grande partie par la collection Marcel Chatillon, permet pour la première fois au public girondin de mesurer l’ampleur des échanges qui existèrent entre la métropole aquitaine et les " isles d’Amérique " (voir ci-contre). Une telle entreprise, de la bouche même de ceux qui, comme Jean-Pierre Hiéret ou Annick Bergeon, conservateurs au musée d’Aquitaine ont participé à sa réalisation, ne fut pas des plus faciles. À la différence des autres grands ports coloniaux, le port de la Lune a longtemps occulté son passé négrier et la simple évocation de cet aspect du commerce colonial provoque encore aujourd’hui des réactions passionnées. Au XVIIIe siècle, le commerce français connaît un essor remarquable grâce à l’impulsion d��terminante des colonies. Entre 1717 et 1789, la valeur du commerce extérieur français est multipliée par dix et celle du commerce colonial par dix-sept. Bordeaux réalise à lui seul les deux cinquièmes du commerce national avec les Antilles et réexporte les trois quarts des marchandises débarquées sur ses quais vers les grandes places portuaires d’Europe du nord : Amsterdam, Hambourg, Londres et Rotterdam. Mais derrière ces chiffres se cache la réalité de la traite, véritable clé de voûte du système colonial. Les prémices : lorsqu’en 1571, un navire piloté par un capitaine normand accoste à Bordeaux pour y vendre sa cargaison d’esclaves, il en est vertement expulsé, et ses esclaves libérés par ordre du Parlement de la ville. Montaigne vient de quitter le Parlement de la ville l’année précédente, afin de se consacrer à la rédaction de ses Essais. Ses idées trouvent un large écho parmi les notables girondins, sensibles aux courants humanistes de la Renaissance. La traite, pratiquée par les Portugais depuis le début du XVe siècle, n’est pas encore légion en France. Les premières tentatives de colonisation française des Antilles sont assez tardives. En 1624, soit plus d’un siècle après sa découverte par Christophe Colomb, Saint-Christophe est la première île antillaise occupée par les Français. Vingt-cinq ans plus tard, ils sont présents en Martinique, en Guadeloupe, aux Grenadines, à Saint-Domingue, Saint-Martin, Saint-Christophe et Saint-Barthélémy. Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, les expéditions transocéaniques ne concernent que des transports de marchandises et d’engagés. Ces derniers, qui en échange de leur traversée doivent travailler pendant trente-six mois dans une habitation (que les Anglais nomment plantation) constituent jusqu’en 1670 l’essentiel de la force de travail des Antilles. À l’instar des Anglais, les colons français pratiquent dans un premier moment la culture du pétun (tabac). Une chute de son prix et la création de la ferme du tabac, en 1674, les incitent à se tourner vers une culture plus rentable : celle de la canne à sucre. Au soir du siècle de Louis XIV, une main d’ouvre servile noire se substitue aux travailleurs européens engagés. L’essor du commerce colonial. Le commerce triangulaire (France-Afrique-Antilles) et le commerce en droiture (France-Antilles) sont les composantes essentielles de l’économie coloniale. La traite alimente la droiture, qui elle-même alimente la traite. Cette dernière ne fut à Bordeaux qu’une activité secondaire, mais elle ne fut ni négligeable ni négligée. Tout navire négrier se rend d’abord en Afrique pour y charger sa cargaison d’esclaves, qu’il échange contre des textiles bruts et finis, des armes à feu, de l’alcool, de la quincaillerie et des pacotilles. Sur place, le navire est transformé (adjonction d’un pont) de façon à pouvoir accueillir le plus grand nombre d’esclaves. Il fait ensuite voile vers les Antilles et y vend sa marchandise humaine. L’argent gagné permet alors au capitaine d’armer d’un à quatre navires en droiture, qui expédient à la métropole du sucre, du café ou de l’indigo. Importées par les colons hollandais fuyant les Portugais en pleine reconquête du Brésil, les techniques de fabrication du sucre sont rapidement diffusées sur le sol antillais dans les habitations. Jusqu’en 1730, les conflits entre la France et l’Angleterre empêchent le développement de relations maritimes régulières avec les Antilles. La paix retrouvée, les grands circuits transatlantiques sont de nouveau exploités par les armateurs français. Alors que Nantes se spécialise rapidement dans le commerce triangulaire négrier, Bordeaux ne s’y essaie que timidement, lui préférant de loin les expéditions en droiture. À la différence de Nantes, le port de la Lune dispose d’un arrière-pays riche, et n’a pas besoin de la traite pour s’enrichir. Le prix d’un tonneau (233 litres) des vins du château-latour équivaut à peu de chose près à celui d’un esclave… Toutefois, certains s’y intéressent et en font même leur activité principale. C’est le cas de Jean Marchais. En dix ans, il arme sept des onze expéditions négrières bordelaises et contribue pour beaucoup à la mise en place de réseaux pour le financement et l’armement négrier. Bordeaux se hisse en 1743 au rang de cinquième port négrier français à égalité avec Le Havre. Il est encore bien loin - avec moins de cinquante navires depuis le début du siècle - du colosse nantais, qui expédie cette année-là son cinq centième navire vers les côtes guinéennes.Expansion et apogée du trafic bordelais. La guerre de sept ans (1755-1763) freine les ardeurs maritimes de négociants bordelais. La suprématie navale des Anglais est incontestable et rares sont ceux qui se risquent dans des entreprises aussi aléatoires. Le port girondin développe alors une activité corsaire, qui bien que risquée, lui laisse augurer de substantiels bénéfices. La reprise ne se fait pas attendre. De 1763 à 1773, les armateurs bordelais déportent 22 220 Africains. À elle seule, la maison Paul Nairac & Fils aîné totalise 2 500 "têtes ". Mais c’est Jean Laffont et Ladébat, autre grand ténor du trafic négrier girondin, qui réalise, cette décennie, la plus grande part du trafic (20 %), déportant 4 338 hommes et femmes. La traite a le vent en poupe et nombreux sont les Aquitains qui profitent de façon plus ou moins directe de l’essor du marché. Les annonces du Journal de Guyenne révèlent la diversité des corps de métiers impliqués dans le commerce colonial. Ainsi M. Idlinger, négociant rue Rousselle, propose en 1787 une sélection de bonnets de laine et guinées (pacotilles) pour la traite. Non loin de là, rue du Soleil, M. Charlot, maître de chai, vend des " chaînes et fers à nègres, une chaudière en cuivre, et 60 pièces d’eau de vie ". Si l’on a du mal à estimer les profits produits par la traite, il est sûr que celle-ci a fait vivre des centaines de milliers d’Aquitains, petits ou grands, à la mesure de leur investissement et de leurs positions dans l’économie coloniale. La Révolution et l’abolition de l’esclavage en février 1794 ne changent rien à la réalité du trafic. Reprenant de vieilles habitudes, Bordeaux se fait corsaire et pille les navires anglais, leur laissant le soin au passage d’endosser la responsabilité de la traite… sans les bénéfices. Les esclaves capturés sur les navires anglais sont vendus dans les colonies françaises. Les profits sont énormes : De 30 % à 600 %. Les Girondins en profitent pour investir dans l’immobilier. Paul Nairac dépense une fortune pour la construction de son hôtel du cours de Verdun. Il en commande les plans au célèbre architecte parisien Victor Louis qui vient à peine d’achever la construction du Grand Théâtre. Bonaparte rétablit l’esclavage le 30 floréal de l’an X (20 mai 1802). Le commerce négrier bordelais est à son comble, et pour la première fois, l’armement négrier girondin dépasse celui de Nantes. Cependant il faut faire vite. Le discours esclavagiste est assiégé de toutes parts. Les arguments économiques ne suffisent plus à justifier la perpétuation du crime. Trop de risques, trop peu de profits, et trop de voix qui s’élèvent en faveur de l’abolition. La rhétorique capitaliste se retranche dans des propos iniques, arguant que " la condition des nègres esclaves est infiniment préférable à celle de la plupart des paysans ou des ouvriers libres d’Europe " (lettre de M. Hache adressée aux directeurs de la Chambre de commerce de Bordeaux). La loi du 27 mars 1848 libère tous les esclaves. Le commerce négrier interlope continue néanmoins quelque temps. Il se transmue autour de 1850 en coolie trade ou commerce d’engagés, une autre vieille habitude. Les coolies (engagés), pour la plupart indiens ou chinois, généraient d’énormes profits. Les Bordelais Pereire, créateurs de la Compagnie générale transatlantique en firent l’heureuse expérience. En 1889, le dernier coolie ship (navire servant pour le transport des engagés) en provenance de Pondichéry (Inde) débarque en Guadeloupe ses six cents Indiens : c’était le Nantes et Bordeaux. Au total, Bordeaux a assuré 11,4 % du trafic négrier français, en deuxième position et ex æquo avec La Rochelle. Le port ligérien culmine lui à 41,3 %. Montré du doigt, véritable bouc émissaire, il a permis à beaucoup de se cacher dans son ombre. L’exposition Regards sur les Antilles par son éclairage aussi rigoureux qu’insolite, donne à cette période troublée de l’histoire bordelaise, un relief saisissant.

Cyrille Poy

L'ESCLAVAGE : UNE AFFAIRE DE NOIRS ?

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Présentation du Collectif 161

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Avec le soutien de la Ville de Toulouse, des associations, et des citoyens militants se sont regroupés autour du projet de la commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière transa-tlantique et dans l'océan indien avec la volonté d’aller au-delà de la commémoration annuelle nationale fixée le 10 mai par la République Française sous l'impulsion de la loi Taubira qui reconnaît la traite et l'esclavage comme un crime contre l'Humanité. Nous posons cette action volontairement sur le long terme, afin d'avancer dans cette réflexion sur la représentation dans la mémoire collective de l'Histoire qui plaça l'Afrique, l'Occident, les Caraïbes et les Amériques aux confins d'un Monde déjà Globalisé.



Notre Projet social : Esclavage, Mémoires collectives et Identités. Construire autour de la commémoration de l'esclavage peut susciter trois types de réaction,




  • Celle d'un reniement qui part du principe que cette portion de l'histoire appartient largement au passé et qu'il est futile de vouloir recouvrer la mémoire.

  • Une autre qui consiste à considérer cet instant de mémoire consacré aux victimes de la traite Transatlantique et dans l'Océan Indien, comme un espace de villégiature pour s'affranchir d'une certaine souffrance, longtemps gardée secrètement par nos pairs faisant d'elle un tabou.

  • Vient alors, ceux qui à l'image des Neg'mawons (ceux qui portèrent la rébellion au sein des plantations et des navires) reprennent le processus historique depuis le point de départ savamment nommé "portes de non retour" jusqu'à l'arrivée sur les côtes Caribéennes, aux Amériques et dans les îles de l'océan indien. Ces acteurs du quotidien sont ceux qui cherchent à mettre en relief tous les mécanismes et de manière pragmatique, relèvent les imprécisions véhiculées et insufflées aux descendants des esclaves et à l'ensemble des citoyens, favorisant donc un non renouvellement de la conscience.

Il appartient donc "aux descendants" (ce mot peut également s'entendre sous un angle conceptuel intégrant ainsi l'ensemble des "citoyens") de revisiter l'Histoire les concernant et de mettre un terme aux inexactitudes et aux ignorances. Comment alors construire sur de telles bases, un Collectif capable de transcender toutes ces positions. Pourtant parmi l'une d'elle, il y a une qui devrait faire l'unanimité. Celle qui insiste sur la nécessité de s'affirmer et de construire son destin sur la base de règles et de connaissances affranchies. Ce sont pourtant ces objectifs que nous tous nous revendiquons. L'opus de Frantz Fanon "Peaux noires et masques blancs" en a fait largement le tour. Il pousse même la réflexion sur la construction de l'identité par la déconstruction de ce que l'on est dans l'immédiat et retrouver ce qui intrinsèquement nous représente et nous valorise dans la plénitude, l'épanouissement, et même de manière primaire, notre existence en tant qu'Humain. Il est évident que tout ceci nous relie aux courants de "la Négritude" (avec Césaire, Senghor, Damas...), du "Panafricanisme", de la "Créolité" et de "l'humanisme" comme des éléments d'une même pyramide dont il s'agit de trouver le bon agencement.



Nos Objectifs :




  • Commémorer les abolitions en une fête de la liberté

  • Proposer une "marche" de la tolérance, un moment de partage et de visibilité

  • Rappeler que c'est une date nationale (faire de cette date une date réflexe comme le 14 juillet)

  • Revisiter le passé mais pour regarder vers l’avenirFaire connaître la reconnaissance par l’état du caractère de « crime contre l’humanité »

  • Toucher un maximum de personnes de la communauté et partager avec l’ensemble des toulousains

  • Faire prendre conscience de la place de l’événement aux personnes concernées en faisant le lien avec la réalité historique

  • Participer au travail de mémoire en faisant émerger les oublis, les omissions

  • Partager, informer, sensibiliser Effectuer les recherches dans les archives pour montrer des images, des écrits de ces 4 siècles d’histoire de la traite occidentale (créer un espace d’expression pour les chercheurs de mémoire de la région)

  • Créer de la proximité entre les gens et la réalité historique

  • Faire remonter les éléments relatifs à la participation, à l’implication du grand sud-ouest dans cette partie de l’histoire pour contribuer à forger une mémoire partagée.


L’essentiel du projet, c’est de parler du « crime contre l’humanité » qu’a constitué sur une durée d’au moins 4 siècles, la traite d’êtres humains originaires d’Afrique et l’esclavage pratiqués par les états constitués d’Europe et en particulier l’Etat Français (pour ce qui nous concerne).


Le collectif s’engage à proposer en dehors du projet de commémoration des débats et des animations sur les questions historiques et d'actualités. Nous souhaitons pour ce faire un rapprochement avec les autres associations citoyennes de la ville de Toulouse.